Je vous l’ai déjà dit, je le dis constamment : jamais je ne me tais.
Ma vie entière est ma déclaration.
Aucune absence, aucun silence. Que des déclamations…
Nul ne parle en mon nom.
Pas même pour esquisser ne serait-ce qu’une parcelle de ce que je pourrais penser. Le jour où nous saurons nous questionner au lieu de nous juger, où nous nous laisserons le temps de nous développer avant de nous conclure, ce jour-là annoncera le vrai changement. Celui vers un monde où chaque homme parle toujours à tous, pour tous, de tous les hommes.
Je me croyais démocratie. Aujourd’hui je ne crois plus, je suis.
Car tout régime politique est un système.
Tout système est une construction ordonnée.
Et là où il y a ordonnance, il y a forcément “ ordonneur ”.
Alors où ce dernier me classe-t-il dans sa vue d’ensemble ?
À quel moment arrive-t-il à moi quand il distribue les biens, pour ne pas dire l’existence à l’ensemble ?
Qui reçoit-il lorsque la table est mise, quel est son raisonnement ? Et pourquoi celui-ci ne m’attribue-t-il ENCORE que les restants du banquet, les miettes sur le parquet ?
Je m'adresse aussi à toi, toi qui réclame ta volonté comme si c'était la mienne, toi qui parle à ma place !
Je n'entends que du vacarme, j'entends crier “lève-toi !”,
Je vois s'élever des symboles, je vois s'élever les poings
Je vois les larmes versées sur les stèles des rois, je vois s'élever des couronnes qui n'ont plus d'auréole,
J'entends s'élever les voix, j'entends s'élever des mots !... mais le sujet reste assis.
Avant, je croyais en la démocratie.
Aujourd’hui, je ne crois plus.
Je suis chaque individu de cet ensemble né pour manifester l’impartialité dans l’unité.
L’ordonneur ?
Si l’ordonnance ne découle pas du droit naturel à l'équité que possède tout un chacun dans l’équilibre, je l’appelle imposteur quand il m’appelle désordre. Nous voilà opposés.
Ce ne sont pas là mes propositions. Ce sont ses définitions. Et il paraît que nous discutons, sans nous attarder à la linguistique :
- Qui est votre leader ? Et que voulez-vous ?
Me demande-t-il, comme si on négociait une belligérance au milieu des tranchées.
Comme si on se scindait en pays étrangers.
- Tant de ventres à nourrir, mon frère. La raison d’exister !
I can hear my belly, mon frère ! Il impose sa gérance !
Aucune frontière ne représente une fin. Sinon celle de l’errance.
Une seule mère nourricière. Une seule mère patrie ?
Tu le sais, c’est toujours la faim qui défonce les garde-manger.
Sauf quand c’est l’avarice. Celle qui nourrit ses riches.
La vie n’a pas de prix. Tu distribues la mort ! Tu crois qu’on ne voit pas le tri ?
N’est-ce pas toi que j’ai nommé jadis, pour m’interpréter ?
Ma parole t’es prêtée. Et je n’ai qu’un seul mot pour répondre à tes deux questions :
Elle s’appelle évidence.
L’éléphant dans la pièce.
Toi, tu joues l’élu, faon devant les phares, l’inconscient du Far West ?
L’éclat des coups de feu lui non plus ne fait pas de sémantique.
Il parle économie. Le sceau des grands vaisseaux. T’inquiète, on connaît.
T’as picoré la terre, t’as picoré ma peau, mais qui touchera mon soul ?
Ça va de mal en pis, en oeuvre pie décoré. J'entends les tintements de tes poches que tu frôles.
La richesse d'un coeur lourd, la tête sur les épaules,
J'ai vu le sommet.
T'inquiète, nous aussi, on sait qui on est.
Rejouer ta putain de scène antique ?
J’te vois sous ton bonnet !
Aucun trou de mémoire, l’histoire me l’a dit, ceci n’est pas mon rôle.
Démocratie ! Il manque des morceaux dans l’puzzle !
Et chaque pièce volée exigera toujours qu’on redonne la monnaie…
Je m’appelle Évidence et si devant moi tu détournes les yeux,
tu es de mauvaise foi mais moi, je ne crois plus. Je suis ce que je veux.
La même chose pour tout le monde : Je veux ma part.
Je veux l’équilibre.
Je veux la paix.
Respect à tous les feus affranchis
qui dans cette histoire systémique ont fait combustion avant moi.
Pardonnez ce temps, ce spectacle disgracieux sous ces lumières sombres.
Je m’en irai à votre vie. Je ne retournerai pas à vos tombes.
Je n’attends plus. Je ne lead même plus.
Aujourd’hui… Je suis.
Jenny Salgado
J’ai ouvert la fenêtre ce matin, aux petites heures.
Comme elles sont grandioses, les petites heures !
C’est le chant glorieux d’un oiseau qui m’a interpellée, me l’a recommandé.
Annonciateur du printemps arrivé… ou du printemps avenir ?
Ça sonne comme une comptine d’enfants, n’est-ce pas ?
J’espère encore que tous les enfants du monde s’éveillent au chant des comptines.
« Ne laisse pas l’hiver s’éterniser et traîner ses bottes chez toi.
Pèlerin, je m’excuse d’oser te le dire mais tu dois reconnaître ton temps comme tu reconnais ton temple ; Il est l’heure pour toi de rentrer. »
Il y avait longtemps que les ramages ne traversaient plus mes vitres ( ou mes tambours ? ) , obscurcis par le bruit des déplacements humains…
Mais nous voilà tous confinés désormais, dans nos occupations fanées
Chute effrénée,
Tomber des cieux sans sol.
Rien d’nouveau sous l’soleil ;
Il est si loin de nous. Alors ? Qui croit encore qu’il se sent seul ?
Le spectacle profané des engagements sans soldes
Les vertus affinées de la fainéhantise affamée
Plus de faits, plus de faux
Plus de noir, plus de blanc
Que des tons choisis chez l’teinturier, badigeonnés sur des drapeaux.
Des récits de flamboyances, de guerres et d’amours à distance, de mémoires sous des chapeaux
En signe de “crois”
Si l’chapeau te fait, porte-le…
Le vent se déchaîne dans les cheveux des masques décoiffés à la queue-leu-leu.
Si l’chapeau te porte, porte-le !
Ou défonce-toi aux instants malheureux.
Ou défonce-toi.
Que des nuances d’ignorance dans l’espérance de la raison.
Et du coup, soit vite fait tu dégrises, soit tu t’en “ fou ”,
soit tu t’en soûles.
Car si l’oisiveté est mère de tous les vices, peut-t-on la blamer de vouloir nourrir ses enfants ?
Et ceux-ci, révoqués, renvoyés à leurs nids, de pleurer la souvenance des planches qu’ils foulent ?
Comme disait Laborit, l’homme n’est qu’une mémoire qui agit.
J’espère encore que se souvenir assagit.
Nous voilà tous confinés dans nos obligations fanées
À tâtonner l’incertitude, à s’imaginer la clarté aux lueurs et murmures de nos connaissances.
J’me souviens de mes potes en’d’dans qui m’disaient que la liberté se trouve entre les murs.
Hey les gars, est-ce que j’dois me méfier alors de son goût amer ?
Ou m’en familiariser tout comme je m’accoutume à ma propre amertume ?
Car nous voilà tous confinés à nos êtres fanés.
Qu’en reste-t-il de vivant ? Ou que reste-t-il de la vie ?
Sinon ce souffle qui a toujours traversé nos soupirs
Et nos soupiraux pour rentrer chez lui,
Nous attendre en silence.
Cliquez sur l'image pour lire « La petite histoire » dans La Presse.
Puis lisez ici la suite de ce texte (qui a été coupée par les éditeurs. Et c'est pas mon style de me cacher en tabernacle) ; )
Les individus se rencontrent, se familiarisent.
Habité par la première loi innée de la nature, l’instinct de conservation,
l’Individu répond à la peur de s’éteindre si un autre, sous le soleil, prend sa place.
L’être et l’avoir. On y arrive…
Par conséquent, les individus ne se rencontrent maintenant que pour se faire duels.
Jusqu’au jour où les individuels se rendent compte de la force du nombre !
Du profitable de la survie des semblables !
Le ciel est de plus en plus sombre…
Les individuels se divisent et se rassemblent en groupes de semblables.
Les groupes de semblables se mesurent à outrance, à en oublier de mesurer leur environnement et ses ressources.
Les semblables piétinent les ressources pour gagner leurs guerres
puis se piétinent, se plantent tour à tour, pour reproduire la victoire héréditaire.
À présent, les héréditaires se prennent pour acquis.
C’est ainsi que chaque héréditaire aguerri, dans sa hiérarchie croit qu’il a acquis la terre.
La terre, les individuels se vendent entre eux - de ce qui nous possède, on ne peut pas guérir -
Dès qu’ils oublient tout ce qu’ils ont déjà, au profit du pouvoir qu’ils n’ont pas.
L’Individu n’agit désormais qu’au nom de ce pouvoir : Acquérir.
Il est maintenant en lui-même divisé, entre son être et ses avoirs.
Il se méprend entre tout prendre pour lui et ne rien perdre de lui, se « conservatoire »
Sinon, appartenir à qui ?
Pour s’appartenir, il faut d’abord se laisser Être
S’adapter au cours de la vie car rien n’est immuable.
Rien ne se perd, tout naît sacré, tout doit se transmettre !
Puisque le tout comme sa fin est indéniable.
L’Individu dans son miroir ne se reconnait plus, il prend peur, il se hait.
Il s’exige à tout ce qui passe, au passé dans lequel il se retire
Pour plaider “J’avais” plutôt que dire “ Nous sommes”.
Je me souviens de tout ce que je suis dès que je vois les miens :
Tous les chemins mènent à L’Homme.
Comme sa nature, il ne possède rien
Il est
Il n’existe que pour remettre sa mémoire à demain…
Habitant la première loi de l’acquis - l’avoir est une faculté qui s’oublie -
l’Individuel perd de vue que nous sommes tous Semblables.
Et si l’erreur est humaine, il nie la faute ;
La liberté de l’un commence toujours là où il s’acquiert celle des autres.
« Je saurai que dans la balance, cette menace d'être empiétée pèse beaucoup plus lourd que le sentiment d'être inquiétant quand on porte sur soi sa foi, l'image des cieux qu'il a fallu traverser une fois déraciné de tout, cet espoir qu'il nous reste, auquel on croit et on s'accroche pour exister encore un peu. »
Jenny
Et j'me relève la tête, en silence, pensant au Sri Lanka…
J'ai reçu un appel de La Presse y'a une coup' de semaines :
« Inquiétez-vous pas, on ne vous appelle pas pour vous demander votre avis raccourci sur un quelconque sujet. On a un projet à vous proposer ! »
Deux semaines plus tard, me voilà membre du nouveau quatuor de chroniqueurs invités par La Presse qui écrira un texte à chaque dimanche.
Et c'est carte blanche dans la forme comme dans le fond !
C'est un honneur et un plaisir.
On va bousculer les standards et faire connaissance !
Ça commence maintenant. Mon premier texte est publié aujourd'hui et vous pouvez le lire ici : À quoi je vais servir ?